Tuesday 21 May 2019


Israël : la France joue aussi la carte économique


Nathalie Hamou / Correspondante à Tel-Aviv | Le 18/05 à 07:00, mis à jour à 11:02

Pierre Gattaz, a entamé, le 16 mai, une visite de trois jours dans l’Etat hébreu, les Territoires palestiniens et la Jordanie. – Lydie LecarpentieR/REA

François Hollande a reporté la conférence de Paris sur le Proche-Orient.
Mais la diplomatie économique reprend des couleurs.

Vu de Tel-Aviv, le contraste est saisissant. D’un côté, la France a toutes les peines du monde à convaincre Jérusalem du bien-fondé de son initiative censée relancer le processus de paix israélo-palestinien. De l’autre, la diplomatie économique entre les deux pays se porte bien, voire même très bien… Au point que les visites officielles des dirigeants français en Terre sainte ces jours-ci se succèdent et ne se ressemblent pas.

Sur le front diplomatique, dans la foulée du passage éclair dimanche à Jérusalem et à Ramallah du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et, avant, celui de Manuel Valls en Israël et dans les Territoires palestiniens prévu du 22 au 24 mai, François Hollande a tranché. Soucieux de calmer le jeu, le chef de l’Etat a annoncé, mardi, « le report à l’été » de la conférence de Paris sur le Proche-Orient prévue initialement à la fin du mois.

Vives objections de Netanyahu

Un rétropédalage qui s’explique notamment par les vives objections que cette initiative a soulevées de la part de Benyamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien a remis en question ce week-end « l’impartialité » de Paris, à la suite du récent vote français pour une résolution de l’Unesco visant à protéger le patrimoine de Jérusalem-Est, qui selon lui « ignore le lien historique entre le judaïsme et le mont du Temple ». Paris a surtout pris en compte le fait que le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, n’était pas en mesure de confirmer sa participation à la conférence internationale du 30 mai.

Relations au beau fixe sur le terrain économique

Sur le terrain économique, en revanche, les relations franco-israéliennes sont au beau fixe. Par un hasard du calendrier, le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a entamé, lundi 16 mai, une visite de trois jours dans l’Etat hébreu, les Territoires palestiniens et la Jordanie, à la tête d’une délégation de 30 entreprises. Dans les milieux d’affaires israéliens, son passage est d’autant moins passé inaperçu que le dernier déplacement d’un président du Medef en Israël remonte à 2008, lors du voyage officiel de Nicolas Sarkozy.

« Quand la situation politique est bonne, cela favorise certainement les choses. Mais l’économie et le business doivent rester apolitiques. Et je suis fier d’être le premier président du Medef à venir de façon autonome en Israël », a expliqué Pierre Gattaz, qui signera deux protocoles d’entente avec ses homologues du patronat israélien et palestinien. Il a par ailleurs affirmé sa volonté de développer le flux d’affaires avec Israël, « un petit pays de 8 millions d’habitants, mais dont le poids est énorme au niveau technologique ». Pour ce faire, il a officialisé la création d’un conseil de chefs d’entreprises France-Israël du Medef International, présidé par Philippe Guez, vice-président pour Israël de Rothschild & Cie

Relance des efforts de la France en faveur de la paix

Pour sa part, Manuel Valls a indiqué que sa visite dans la région vise « un objectif politique d’abord », dans le contexte de relance des efforts de la France « pour parvenir à un accord de paix fondé sur une solution à deux Etats ». Pour autant, deux délégations d’entreprises, soit au total une centaine de décideurs économiques, se grefferont sur le déplacement du Premier ministre, qui sera notamment accompagné de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique.

 

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