Tuesday 21 May 2019


Israël: Hollande promet qu’il ne cèdera pas sur le nucléaire iranien


Le Nouvel Observateur

Publié le 17-11-2013

La France « ne cèdera pas sur la prolifération nucléaire », a déclaré dimanche le président français François Hollande à son arrivée en Israël pour une visite d’Etat dominée par le dossier nucléaire iranien. (c) Afp

Jérusalem (AFP) – Le président François Hollande a promis de ne pas céder sur le nucléaire iranien à son arrivée dimanche, pour sa première visite d’Etat, en Israël, en réaffirmant « le soutien indéfectible » de la France à l’Etat hébreu.

Le début de cette visite a coïncidé avec l’annonce par un communiqué de l’Elysée de la libération de l’otage français Francis Collomp, détenu au Nigeria depuis le 19 décembre 2012.

Dans l’avion qui l’emmenait en Israël, M. Hollande s’est entretenu par téléphone avec l’ex-otage, qui a profité d’une opération de l’armée nigériane contre le groupe islamiste qui le détenait pour s’évader, et a salué son « courage ».

A sa descente de l’avion à Tel-Aviv, M. Hollande a été accueilli par son homologue israélien Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il retrouvera plus tard dans la journée pour des entretiens à Jérusalem.

M. Hollande, accompagné par sa compagne Valérie Trierweiler, et M. Peres ont passé en revue une garde d’honneur des trois armes après l’exécution de La Marseillaise et d' »Hatikva » (L’Espérance), l’hymne national israélien.

Sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gourion, François Hollande a immédiatement abordé le dossier iranien en assurant que Paris « ne cèdera pas sur la prolifération nucléaire ».

« Tant que nous n’aurons pas la certitude que l’Iran a renoncé à l’arme nucléaire, nous maintiendrons toutes nos exigences et les sanctions », a-t-il assuré.

Auparavant, M. Netanyahu s’était félicité de la « position ferme » de Paris sur ce dossier. « Il ne faut jamais permettre à l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Cela ne mettrait pas en danger seulement Israël et les autres régimes et Etats du Moyen-Orient mais aussi la France, l’Europe et le monde entier », a-t-il plaidé.

La France apparaît comme étant aux côtés des Israéliens concernant le programme nucléaire iranien, que les Occidentaux soupçonnent de dissimuler un volet militaire en dépit des démentis de Téhéran. Un nouveau round de négociations entre les 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne) et l’Iran doit s’ouvrir mercredi à Genève.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est ensuite attendu vendredi en Israël pour s’entretenir avec M. Netanyahu au moment où les relations entre les deux alliés stratégiques traversent une grave crise.

Le Premier ministre israélien se rendra de son côté cette semaine à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine.

‘Paix juste, durable, définitive’

Outre le dossier iranien, M. Hollande doit s’efforcer de peser sur le processus de paix israélo-palestinien, dans l’impasse.

« Je fonde de grands espoirs dans les négociations que vous avez engagées avec les Palestiniens. Elles devront déboucher sur une paix juste, durable, définitive qui épuisera toutes les revendications », a-t-il souligné après son arrivée.

M. Hollande, qui rencontrera lundi à Ramallah le président palestinien Mahmoud Abbas et s’exprimera devant le Parlement israélien à Jérusalem, entend « encourager » les deux parties à réaliser les « compromis » et « efforts nécessaires », selon l’Elysée.

Le président français plaidera pour « une solution à deux Etats » avec des garanties de sécurité pour Israël et de viabilité pour la future Palestine. Il devrait à nouveau dénoncer la colonisation juive.

Enfin, M. Hollande va tenter de relancer des relations économiques et commerciales que Paris juge indignes « de la qualité de la relation politique », la France n’étant que le 11e fournisseur d’Israël.

« Je suis venu pour qu’il y ait une nouvelle impulsion à notre relation et notamment sur le plan économique. Vous consacrez des sommes très importantes pour la recherche, pour le développement. Vous êtes à la pointe de technologies qui font l’admiration du monde entier », a reconnu le président français.

Une quarantaine de dirigeants d’entreprises comme Alstom, Arianespace ou Vinci seront du voyage, au cours duquel MM. Hollande, Netanyahu et Peres inaugureront mardi à Tel-Aviv la 2e « Journée de l’Innovation » Israël-France. Des accords de coopération devraient être signés dans les domaines ferroviaire ou des hautes technologies.

Pour son séjour de trois jours, l’un des plus longs à l’étranger depuis le début de son quinquennat, M. Hollande est accompagné de six ministres, parmi lesquels Laurent Fabius (Affaires étrangères) –qui s’envolera dimanche pour le Nigeria pour accueillir l’otage français libéré, avant de revenir lundi à Jérusalem — et Pierre Moscovici (Economie).

Le président français, au plus bas dans les sondages, multipliera les actes symboliques, se recueillant dimanche sur la tombe de l’ex-Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin avant de visiter Yad Vashem, le mémorial de la Shoah.

La dernière visite d’Etat d’un président français en Israël avait été effectuée par Nicolas Sarkozy en 2008.

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