Thursday 02 Apr 2020


La France et Israel ont des intérêts communs


Ancien ministre, la présidente de la Fondation France-Israèl revient sur les objectifs de son institution et des actions menées

AJ : Quel bilan faites-vous de l’action de la Fondation ?

Nicole Guedj : La Fondation a été créée en 2006 sous l’impulsion de Jacques Chirac et d’Ariel Sharon pour prolonger le réchauffement des relations entre les deux pays, lesquelles avaient précédemment connu quelques épreuves — peut-être faute de rapprochement. Dès j’ai été élue, j’ai voulu mieux faire connaître Israel aux Français, car la vision est souvent dénaturée par les médias, mais aussi faire découvrir la France, la « vraie », aux Israéliens. Ces sociétés vivent au fond sur des idées reçues alors qu’el]cs ont tant de valeurs communes le courage, la tolérance, la laïcité. C’est pour cela que nous mettons à l’honneur les Justes parmi les Nations en emmenant leurs petits-enfants à Yad Vashem pour le Yom Hashoah. C’est aussi dans cet esprit que nous cherchons à rapprocher les deux sociétés civiles pour qu’elles puissent coopérer dans les domaines culturel, scientifique et économique. Récemment, nous avons développé « Isralink », un réseau social
mettant en relation des entreprises françaises et israéliennes.

AJ : Votre action a une composante on ne peut plus politique…
N.G. : Je ne serai jamais assez reconnais,ante envers les autorités françaises, de son institution et des actions menées. notamment le ministère des Affaires
étrangères. On a coutume de dire qu’il a une vision inamicale d’lsraél. Je peux témoigner au quotidien du contraire. Notre board, composé p.our une moitié
de Français et pour une autre d’Israéliens, comprend un représentant du ministère des Affaires étrangères des deux pays, un représentant du ministère fran
çais de la Culture et un autre du minis tère israélien de l’Education nationale. Notre vice-présidente Anne-Marie Descôtes, qui soutient nos actions avec un
intérêt vif et sincère, est à la tête de la direction mondialisation du Quai d’Orsay. Avant elle, nous avons eu la chance d’avoir Christian Masset, grand ami
d’Israél, désormais secrétaire général du Quai d’Orsay. Cela crée des relations de confiance sur le plan diplomatique mais également au-delà. Ces ministères des
Affaires étrangères nous attribuent des aides —je précise que ce ne sont pas des financements de fonctionnement mais des aides pour des actions spécifiques —
en plus de soutiens privés, notamment par le biais de l’ISF.
AJ :Quid de la coopération étudiante franco-israélienne?
N.G. : Nous soutenons les voyages des grandes écoles en Israél. Nous avons des relations suivies avec les étudiants d’AgroParisTech dont nous avons favorisé des stages et des visites approfondies au soutien de travaux de recherche. En revenant d’Israel, ces jeunes feront connaître ce pays des «miracles », notamment dans le domaine agricole, auprès d’autres étudiants et enseignants. Nos actions favorisent les relations actuelles, mais construisent aussi des coopérations d’avenir car la France et Israél ont de nombreux intérêts communs à défendre tant sur le plan géopolitique que culturel et économique

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