Sunday 22 Sep 2019


«Les Israéliens ne sont pas impressionnés par les crises»


Actualité Juive – n° 1268 – Jeudi  12 SEPTEMBRE 2013
ÉDOUARD CUKIERMAN ET DANIEL ROUACH

«Les Israéliens ne sont pas impressionnés par les crises»

Spécialistes des questions financières, scientifiques et technologiques, Édouard Culderman, P-DG de Catalyst Fund et Cukierman Investment House et le Dr Daniel Rouach, fondateur du site IsraelValley, ont théorisé un modèle économique israélien basé sur l’innovation dans un ouvrage qu’ils présenteront le mardi 24 septembre à l’ESCP.

 

Actualité juive : Qu’est-ce que le « bouclier technologique de l’innovation » qui est au cœur de votre livre ?

Edouard Cukierman : L’innovation a un rôle majeur en Israël dans les domaines de l’économie, la défense et la compétitivité du pays au niveau mondial. Elle a permis de sécuriser le pays dans de nombreux domaines et d’être un « bouclier » de protection.

Dans l’armée, par exemple, l’innovation militaire a permis à Tsahal de renforcer la position d’Israël par rapport aux risques dans la région. Idem dans la lutte contre la désertification où là encore, l’innovation a favorisé l’indépendance économique agricole du pays.

Daniel Rouach : Il faut ajouter une dimension scientifique au bouclier. Le bouclier de la science est très porteur en Israël. D’une manière générale, il y a ici, et de façon très nette, des ingrédients que l’on retrouve dans la Silicon Valley et les pôles de compétences californiens. Identifier ces points communs nous a pris plusieurs années

A.J. : Quelles sont les spécificités de l’innovation israélienne?

E.C. : L’innovation est beaucoup soutenue et encouragée par les pouvoirs publics ainsi que par les universités qui sont très actives dans le domaine des licences de technologie. Et puis il y a aussi, selon moi, un esprit d’initiative, une intelligence et une créativité que les jeunes acquièrent à l’armée et qui les renforcent lorsqu’ils entreprennent ou créent des startups. En Israël, il existe un esprit d’entreprenariat sans système hiérarchique comme c’est le cas en Europe. C’est un pays de pionniers. Les gens ont envie de se battre et d’aller plus loin.

D.R. : Je dirais un mot: « survival ». En Israël, on doit survivre, on doit vivre, on doit inventer des choses qui n’existent pas. Cette hyper motivation est liée à une rage de vaincre. Ici, tout le monde a un objectif commun. Chacun veut se développer et faire du commerce. Le véritable paradoxe, c’est que les israéliens ne sont pas du tout impressionnés par les crises. Cet aspect résilient est d’après moi un élément clé.

 

« L’innovation est un bouclier de protection»

A.J.: Vous présenterez votre livre le 24 septembre à l’ESCP et le soir à l’Hôte! Atala. Qu’attendez-vous de ces rencontres?

D.R. : Sur le plan académique, le livre veut faire connaître à un maximum d’universitaires le potentiel d’innovation des chercheurs israéliens. Israël est souvent tout juste cité dans les rapports. Sur le plan économique, s’il peut permettre à de grands groupes de trouver en Israël des technologies pour être plus compétitifs et envisager des alliances stratégiques, pourquoi pas…

PROPOS RECUEILLIS PAR YAEL SCEMAMA

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